C’est dans la ville de Naples, au XVIIIe siècle, que s’inscrit la courte vie de Giovanni Battista Pergolèse. À cette époque, Naples est une cité dense, bruyante, animée en permanence. Les voyageurs racontent l’agitation des rues, la foule omniprésente, le tumulte de la circulation.
Mais cette effervescence atteignait son apogée lors des grandes fêtes religieuses, notamment celles dédiées à la Vierge des Sept Douleurs. Une semaine avant le Vendredi saint, toute la ville participait à d’impressionnantes processions. Les rues devenaient alors le théâtre d’une ferveur intense, presque spectaculaire.
Au cœur de ces manifestations, les congrégations religieuses faisaient chanter le Stabat Mater. Ce texte, qui raconte les douleurs de Marie au pied de la croix, pouvait être interprété à partir d’une partition écrite ou improvisé en polyphonie sur une mélodie connue, toujours en accompagnant la marche des fidèles.
C’est dans ce contexte que, quelques mois avant sa mort, Pergolèse — âgé de seulement vingt-six ans — reçut la commande d’un nouveau Stabat Mater, destiné à remplacer celui d’Alessandro Scarlatti. Atteint par la maladie, le compositeur y a sans doute mis une part très personnelle de son émotion.
Dans cette œuvre, il mêle le langage expressif et passionné de l’opéra italien aux résonances plus simples, presque populaires, que l’on pouvait entendre dans les rues de Naples. Il en résulte une musique profondément humaine, où la douleur s’exprime avec intensité, mais aussi avec une grande douceur.